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Report: Democracy in Nigeria
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DEVELOPPEMENT : La technologie de l'information pour qui ?

 


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DEVELOPPEMENT : La technologie de l'information pour qui ?

Par Gumisai Mutume

STOCKHOLM, 29 juin (IPS) - Le Zimbabwéen Paul Themba Nyathi a raconté que lorsqu'il était adolescent, les gamins pauvres préparaient des repas à base de mais et, lorsqu'il n'y avait aucune viande pour l'accompagner, s'asseyaient dans la direction du vent de maisons avoisinantes, pour au moins sentir l'odeur venant des concessions de ceux qui étaient assez riches pour préparer de la viande.

"Le vent allait au moins envoyer l'odeur dans leur direction. Et c'est plus ou moins ce que nous (délégués des pays pauvres) faisons ici à cette conférence", a affirmé le député de l'opposition, qui est à Stockholm pour prendre part au forum sur la technologie de l'information et la démocratie.

Les agences gouvernementales, les groupes non-gouvernementaux, les responsables élus et les maîtres à penser de la technologie se réunissent ici - dans un pays faisant partie des pays ayant le plus grand nombre de connexions Internet par personne dans le monde entier - pour apprendre la meilleure façon d'utiliser les technologies de l'information pour promouvoir la démocratie.

Mais dans les couloirs du centre de conférence, un certain nombre de délégués de pays en voie de développement sentaient que la conférence passait à côté de leurs préoccupations. Les dernières applications sans fil, la capacité de voter en ligne ou d'acquérir les derniers logiciels d'application sont insignifiantes, comparé au besoin existant dans leurs pays, celui de délivrer les enfants de la faim et de l'analphabétisme et de leur apporter des soins de santé adéquats.

"Plus j'écoute les discussions, plus je suis déprimé par la manière dont ceci contraste avec notre propre réalité, affirme Nyathi. "C'est une question de priorités. Comment pouvez-vous investir cinq millions de dollars dans l'achat des panneaux solaires en faveur de la technologie de l'information dans un village où vous avez besoin de forages de puits pour fournir de l'eau à la communauté ?"

On estime à trois milliards, le nombre de personnes dans les pays en voie de développement, qui n'ont jamais passé un appel téléphonique. Toutefois, la situation varie considérablement d'un pays à un autre.

L'Afrique du sud, par exemple, a aménagé la technologie par satellite pour relier les municipalités et collecter les résultats des récentes élections.

La Banque Grameen du Bangladesh, qui, depuis le début des années 80, a accordé des micro-crédits aux populations pauvres, exploite actuellement un système de téléphone mobile dans les villages éloignés et envisage plus de 100 millions de téléphones à ses clients.

Cependant, selon un délégué qui a requis l'anonymat, "nous venons d'une réalité différente. Même si c'est très bien de parler de l'utilisation de la technologie de l'information pour contrôler les élections, dans certaines parties de notre pays, les enfants étudient encore sous les arbres, ils n'ont même pas de salles de classes".

Cela n'a rien à voir avec la Suède, où selon les chercheurs de marchés - à Jupiter Media Matrix - la moitié de la population âgée de 12 à 79 ans utilise Internet.

Le forum de trois jours sur "Démocratie et révolution de l'information", qui prend fin ce vendredi, examine la manière d'utiliser la technologie pour ouvrir les flux d'informations dans les pays dirigés par les régimes autoritaires, aider dans la gestion des élections, et réduire l'inégalité.

"Nous sommes très loin de considérer la TIC comme une question où, entre deux maux, il faut choisir le moindre", affirme Mats Karlsson, vice-président à la Banque mondiale, faisant allusion à la Technologie de l'information et de la communication.

Pour résoudre le problème de la soi-disant division numérique séparant ceux qui ont accès à la TIC de ceux n'y ont pas accès, il ajoute : "Il est nécessaire que nous nous attaquions à tous les autres secteurs tels que l'allègement de la dette, la réduction de la pauvreté, (et) la promotion de l'éducation.

C'est bien toutes ces déclarations, rétorque Ylva Rodney-Gumede de l'Université d'Afrique du sud, mais la banque, contrairement à ce qu'elle prêche, ne fait qu'empirer les choses en Afrique sub-saharienne en insistant sur la privatisation et la suppression des subventions gouvernementales.

L'impact de l'Internet sur les votants individuels et leur capacité à réaliser un changement dans ces politiques reste un mystère, mais la nouvelle technologie n'offre pas un nouvel espoir aux plus petits partis, selon Pippa Norris, professeur à L'Ecole gouvernementale John F. Kennedy de l'Université de Harvard.

Le monde a assisté à une vague de démocratisation au cours des 25 dernières années, durant lesquelles le nombre de pays organisant des élections a plus que doublé.

En août prochain, Norris publiera une étude de 179 pays qui montre-entre autres choses-que plus du tiers des petits partis politiques étudiés dans ces pays sont en ligne (sur Internet) et ont découvert que sur Internet, "ils peuvent se faire concurrence à travers des voies et moyens par lesquelles ils ne le peuvent pas souvent dans les journaux et à la télévision".

En ce sens, Internet a aidé à niveler le terrain de jeu politique et a offert de nouvelles opportunités pour la libre expression, dit-elle.

Norris reconnaît, toutefois, que les avantages sont limités au petit nombre de personnes jouissant de l'accès à Internet et qu'il faudra encore quelques années avant que le fossé numérique ne soit réduit.

Toutefois, pour Eduardo Tadao Takahashi, coordinateur du programme de la Société d'information au Brésil, des inégalités sous-jacentes entre les nations et au sein des nations pourraient élargir davantage l'écart numérique avant qu'il ne commence à se réduire.

Pendant ce temps, une autre division - celle du nombre de personnes possédant un poste radio et un poste téléviseur - est largement demeurée inchangée au cours des 30 dernières années, selon l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

L'agence rapporte qu'il y a une moyenne d'un poste radio par personne dans les pays riches contre un poste radio pour quatre personnes dans les pays en voie de développement.

Tandis que deux personnes se partagent un poste téléviseur dans les pays industrialisés, dans les pays en voie de développement, le ratio est de un poste téléviseur pour six personnes. (FIN/IPS/WD/AF/DV/gm/mt/ait/01).

 

 
  
 

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