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DEVELOPPEMENT : La technologie de l'information peut être un outil au service de la démocratie

 


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DEVELOPPEMENT : La technologie de l'information peut être un outil au service de la démocratie

Par Gumisai Mutume

STOCKHOLM, 28 juin (IPS) - Lorsqu'en 1998, le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad a limogé et emprisonné, par la suite, son adjoint et successeur pressenti Anwar Ibrahim, Internet a offert au public un canal de communications alternatif dans un pays où une presse pluraliste dynamique fait défaut.

Plusieurs sites web sont apparus, donnant aux partisans de Anwar un forum pour désavouer Mahathir et aux Malaisiens ordinaires un forum pour dire ce qu'ils pensent, loin des matraques de la police dans les rues.

Le courrier électronique a créé des forums de discussions autour du slogan "reformasi"-exigeant une large gamme de réformes et une maîtrise de la corruption.

Tandis que le gouvernement de Mahathir a réussi à surmonter la crise, la femme de Anwar, Wan Azizah Wan Ismail, a continué la contestation et a obtenu un siège parlementaire l'année suivante.

Aujourd'hui, le climat politique en Malaisie reste relativement tendu. Mahathir devrait se retirer avant les prochaines élections en 2004, tandis que Anwar purge une peine de 15 ans de prison pour corruption et sodomie, des accusations, qui, selon lui, font partie du complot politique ourdi contre lui.

La Malaisie fait partie d'une série d'études de cas sur l'impact potentiel de l'Internet sur la participation des citoyens cités par Peter Ferdinand, directeur du Centre d'études en démocratisation à l'Université de Warwick au Royaume-Uni.

"Jusqu'ici, l'impact de l'Internet sur la démocratisation a été significatif mais pas apocalyptique, selon Peter Ferdinand, directeur du Centre d'études en démocratisation à l'Université de Warwick au Royaume-Uni. Dans les démocraties établies, il a permis aux nouveaux entrants de se faire beaucoup plus facilement un nom".

Toutefois, selon Ferdinand, l'Internet est "sans aucun doute une importante menace stratégique à long terme pour les régimes autoritaires, contre laquelle ils ne pourront pas lutter efficacement".

Ferdinand fait partie de 250 décideurs politiques, planificateurs sur les questions de développement, spécialistes en technologie de l'information et politiciens venant des quatre coins du monde, qui se sont réunis à Stockholm, cette semaine, pour examiner comment les nouvelles technologies de l'information peuvent être utilisées en faveur de la démocratie.

Le forum sur la "Démocratie et la révolution de l'information", qui prend fin vendredi, réunit également de hauts fonctionnaires des Nations unies, de la Banque mondiale, de l'Union européenne, des médias, des organisations non gouvernementales et des universitaires.

Il cherche à établir des moyens d'ouvrir les processus politiques, tels que les élections, aux influences de la révolution de l'information qui connaît actuellement une explosion dans l'utilisation de l'Internet, des téléphones mobiles et de la technologie par satellite.

On estime à quelque 380 millions, le nombre de personnes ayant accès à Internet dans le monde entier. Cependant, plus des trois quarts de ces personnes vivent dans les nations industrialisées.

Toutefois, l'Internet a pu faire quelques avancées dans les pays en voie de développement.

Par exemple, l'Internet faisait partie d'une campagne sur les droits de l'Homme qui a permis de mettre davantage en lumière les relations entre la Chine et le Tibet.

Selon Ferdinand, une étude des bases de données de Alta Vista (un site internet) montre que le nombre de pages web consacrées aux questions tibétaines-estimées à 39.000 en février 1997 -- a explosé, passant à plus 400.000 pages aujourd'hui. Plusieurs de ces pages dénoncent les violations présumées des droits de l'Homme des Tibétains par la Chine.

"La transparence apportée par la Technologie de l'information (TI) peut réellement habiliter les populations", constate Chandrababu Naidu, ministre en chef de l'Etat de Andra Pradesh en Inde. "Les populations peuvent être dans une meilleure position pour tenir les autorités publiques pour responsables si elles ont accès à l'information".

Naidu est communément appelé dans sa communauté le ministre "laptop" à cause du portable (ordinateur) qu'il a toujours sur lui partout où il va et de ses actions innovatrices en faveur de l'utilisation de la Technologie de l'information (TI) au service de l'amélioration de la vie des 76 millions de personnes vivant dans son Etat.

Le gouvernement de l'Etat de Andra Pradesh est salué comme l'un des premiers à commencer à mettre en ?uvre le Protocole d'application sans fil (WAP) pour la dissémination de l'information venant du gouvernement. Le WAP est une technologie de téléphone mobile qui permet d'échanger des messages en textes.

Naidu était derrière les efforts d'informatisation des bureaux du gouvernement et des écoles. Il envoie en ligne (par internet) des registres fonciers, numérise les informations sur les citoyens et croit que l'Internet peut devenir "l'un des plus puissants outils dans les mains d'un public éclairé".

Toutefois, l'euphorie autour de la capacité de la TI pour alimenter le flux d'information doit être gérée avec prudence, fait remarquer Paula Bruening du Centre pour la démocratie et la technologie basé au Royaume-Uni. "On doit prendre en considération les menaces à l'intimité soulevées lorsque les fichiers personnels sont informatisés".

"La disponibilité des ordinateurs et des réseaux pourrait entraîner un accès instantané, illimité, international aux fichiers numérisés des gouvernements", avertit Breuning. "Une plus large disponibilité pourrait intensifier l'intrusion dans la vie privée.

La réunion actuelle sur la démocratie et la révolution de l'information, abritée par l'organisation intergouvernementale "Institut international de démocratie et d'assistance électorale (IDAE), étudiera la manière dont les nations peuvent investir dans la TI pour offrir un accès de masse.

Elle débattra des défis qui entourent la régulation gouvernementale et les questions législatives provenant de l'expansion des TI.

"Les recommandations politiques issues du forum sur la démocratie serviront à compléter et à développer un plan d'action qui sera présenté par la Force DOT", affirme Jim Lerch, coordinateur du Forum IDEA dans une communication.

La Force DOT est un groupe de travail s'occupant de l'opportunité numérique créée par le Groupe des huit chefs d'Etat (G-8) à leur sommet à Okinawa, au Japon, en juillet 2000.

Elle est composée d'équipes gouvernementales, du secteur privé et des organisations à but non lucratif et sa tâche consiste à trouver des moyens de réduire l'écart numérique séparant les "nantis" et les "non-nantis" dans le reste du monde.

Certains des résultats de la réunion seront présentés à la prochaine rencontre du G-8 qui commence le 20 juillet à Gênes, en Italie, pour être inclus dans la proposition de Plan d'action de Gênes.

(FIN/IPS/WD/DV/gm/mt/ait/01)


 

 

 
  
 

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